Accompagner les enseignant·es dans leur pratique du dehors : découvrez le témoignage d’Hélène formatrice à l’école du dehors
Je me nomme Hélène, éducatrice environnement depuis 2012 à France Nature Environnement Sarthe. J’accompagne des enseignants à mener l’école du dehors depuis 2021, année où j’ai moi-même été formée par Aurore BLANQUET et Hervé BRUGNOT, intervenants pour le GRAINE Pays de la Loire. Des figures de l’école du dehors en Bourgogne Franche-Comté notamment.
Voyant cette pratique se développer, et son intérêt en termes de sensibilisation à la nature, gain sur la santé des enfants, ainsi que leurs capacités d’apprentissage ; j’ai souhaité aller plus loin en devenant formatrice pour les enseignants. C’est totalement une autre posture, mais qui me plaît bien !
Formatrice depuis 2023 avec le GRAINE Pays de la Loire, j’ai pour l’instant animé 6 formations à destination d’enseignants du privé et 4 en co-animation avec l’éducation nationale dans l’enseignement public. Pour en arriver là, j’ai eu la chance de commencer en participant en tant qu’observatrice d’une formation du GRAINE PdL animée par Marine Pépin et Claire Boulch ayant eu lieu au Mans (mon territoire). Ensuite j’ai pu co-animer 3 formations pour les enseignants du privé, avant de le faire seule. Ces étapes m’ont permis d’être rassurée et de me nourrir de l’expérience d’autres formateurs pour améliorer mes pratiques.
Si je devais choisir un point auquel je prête vraiment attention, ce serait surtout de bien proposer une alternance entre le dedans et le dehors, avec une majorité de temps dehors la 2ème journée. Cela permet à tout le monde d’avoir le temps de « s’acclimater », sans oublier de s’adapter selon le groupe et la météo. Le bien être des enseignants passant en premier, on n’oublie pas le café, le thé et les tablettes de chocolat bien sûr.
Un des temps de formation que je préfère c’est celui où ils créent des séances en petits groupes. Je ne sais pas si c’est l’effet « groupe », mais j’ai été à chaque fois ébahie devant la créativité des enseignants ; ils ont énormément d’idées pertinentes. Pourtant, beaucoup me disent en début de formation « j’ai peur de ne pas avoir d’idées ». Quelques exemples qui m’ont marquée : l’identification de la nature des mots grâce à un codage utilisant les éléments de la nature ; la création et la description d’un animal imaginaire ; la découverte des fractions en les nommant et les représentant avec les éléments naturels ; la construction de devinettes, la fabrication de quadrillages, …
Là on voit que tout ce qui s’est passé en amont a été utile pour imaginer ces séances. Les créer et les faire vivre permet de mieux se projeter pour la suite avec sa classe. D’ailleurs les fiches de ces séances sont partagées à tous et sont réutilisées avec leurs classes.
Je pense aussi à un frein qui revient souvent, « la météo ». Un jour de formation où il faisait vraiment beau, il s’est mis à pleuvoir très fort et d’un seul coup pendant un bon moment. Nous sommes retournés nous mettre à l’abri, mais au lieu de pester contre la pluie, tout le groupe s’est mis à rire en courant avec une grande bâche tenue au-dessus de nos têtes. La conclusion des enseignants a été que ce fût un grand moment de convivialité qui serait aussi génial à vivre avec les enfants. Comme quoi la pluie a aussi du bon !
Lors de ces journées j’y ai croisé des enseignants motivés, d’autres parfois réticents en début de formation, car elle leur était imposée comme temps d’équipe. Au final, ils ont tous vu de nombreux aspects positifs en fin de formation, avec des mises en œuvre de l’école du dehors plus ou moins développées. Depuis, on garde contact avec certains pour échanger sur leurs pratiques, ou juste prendre des nouvelles de leur projet pédagogique.
Côté perso, depuis que j’anime ces formations, j’ai appliqué quelques conseils, en testant les « devoirs du dehors » avec ma fille Lucy. Cela s’est avéré une vraie une révélation en termes d’intérêt et facilité à apprendre. Depuis, je profite des formations pour diffuser cette pratique auprès des enseignants, qui pourront ensuite en parler aux parents de leurs élèves.
Vu les bienfaits qu’elle apporte, j’espère que cette pratique va continuer à se développer, que ce soit par la formation ou par l’accompagnement des enseignants. Au plaisir de vous croiser en forêt ou dans un parc.
Hélène BUREL-POIGNANT, FNE Sarthe
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